Isaac, arrête ton Char-on !

mercredi 7 septembre 2011
par  administrateur
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Contrairement à la plupart des astronomes qui, dénigrant l’astrologie, n’ont jamais pris la peine de l’étudier sérieusement (ils ne savent même pas faire la distinction entre signes et constellations !)(1), j’aime acheter des revues et des ouvrages astronomiques, toujours utiles à une meilleure compréhension du cosmos.

Récemment, j’ai pu me procurer à un prix ridiculement bas (85FB !) quelques petits ouvrages d’une série réalisée par Isaac Asimov. Il est vrai que celui-ci n’est pas – à ma connaissance –astronome, mais il a tout de même une formation scientifique (études en biochimie) et ses ouvrages en la matière ne sont pas moins connus que ceux qu’il a consacré à la science-fiction.

Les informations relatives à Pluton étant plutôt rares, je me suis empressée d’acheter le petit livre que notre auteur a consacré à la planète la plus lointaine de notre système solaire.

Première surprise : concernant la question du choix du nom à lui donner lors de sa découverte (le 18 février 1930), je relève une anecdote étonnante.

D’après Asimov, la jeune fille dont on adopta la proposition(2), « se dit que la nouvelle planète, à la distance où elle se trouvait du Soleil, devait être très faiblement éclairée et que le nom qui lui conviendrait le mieux serait celui du dieu du monde souterrain ». J’en suis encore soufflée (par le vent solaire) : cette jeune fille – de onze ans – était un véritable puits de science : elle avait fait le lien entre la distance du Soleil et l’éclairement de la planète, ce qui est déjà remarquable pour une fille de cet âge, mais en plus elle connaissait la mythologie sur le bout des doigts !

Mais il y a mieux encore : on connaît les vicissitudes concernant l’attribution des noms des trois transsaturniennes(3), mais savez-vous pourquoi a-t-on appelé le double de Pluton, qui ne le quitte pas d’une semelle, Charon ? Je vous vois déjà imaginer – à l’instar de la jeune fille dont ci-dessus – une référence au passeur d’âmes de la mythologie grecque. Et bien, vous n’y êtes pas du tout !

C’est l’astronome James W. Christy qui, le 22 juin 1978, sur base d’un cliché de Pluton, déduisit l’existence d’un autre corps tout proche. Et « en l’honneur de sa femme, Char, il nomma ce satellite Charon » ! Et bien là, franchement, soit les astronomes font vraiment du char…abia, soit ils sont plus que tout autre être humain soumis à la langue astrologique(4).

Mais supposons que l’histoire soit vraie : vous imaginez le nom qu’aurait pris Charon si la femme de Christy s’était appelée Claire ? On l’aurait entendue retentir jusqu’ici ! Et avec Beth, la « lourde » Saturne n’aurait eu qu’à aller se cacher ! En revanche, si son prénom avait été Gaby, il aurait fallu revoir toute la géographie ! On l’a échappé belle... ♦

Ester OCENTRIQUE

(Article paru dans Quintile n°35, 21/03/1997)

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Notes :

1. Voir à ce propos le Coin-coin publié in Quintile n°32.

2. Voir notamment à ce sujet l’article "Essence et sens de l’aAstrologie" in Infosophia n°29.

3. Idem.

4. Titre d’un délicieux ouvrage d’Yves Haumont.


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