Françoise Sagan

mercredi 7 septembre 2011
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A défaut d’entrer dans le firmament des lettres françaises pour son œuvre, Françoise Sagan aura indéniablement marqué une époque en devenant, du jour au lendemain, un des plus grands phénomènes littéraires de la deuxième moitié du XXe siècle en France. Son premier livre, Bonjour tristesse, se vend rapidement à plus de 300.000 exemplaires et, depuis sa parution en 1954, il a été tiré à plus de 2,1 millions d’exemplaires. Cela aurait pu suffire pour non seulement asseoir sa notoriété, ce qui fut le cas, mais aussi pour lui permettre de vivre plus que confortablement jusqu’à la fin de ses jours, mais là, les vicissitudes d’une vie sous la houlette de Neptune en ont voulu autrement…

Le signe des Gémeaux est gouverné par Mercure, l’astre de la communication, tant écrite que verbale. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux auteurs et écrivains soient marqués par cette empreinte, même si le signe solaire à lui seul ne suffit évidemment pas.

Françoise Sagan, née Quoirez le 21 juin 1935 à 11h00, à Cajarc, était ce que l’on nomme une « frontalière du zodiaque », ayant vu le jour moins de 24 heures avant l’entrée du Soleil dans le signe du Cancer. Dans sa carte du ciel, Mercure est étroitement conjoint au Soleil, ce qui renforce les qualités expressives, mais on remarque d’emblée qu’il est rétrograde, ce qui inhibe la communication directe, renforçant plutôt l’intériorisation de la pensée. Or, depuis son plus jeune âge Françoise Sagan a eu des problèmes d’élocution, perdant ses moyens et bredouillant péniblement dès qu’il s’agissait d’ouvrir la bouche. En revanche, l’écriture, cette activité pour laquelle il est nécessaire de s’isoler et de faire preuve d’introspection, lui a réussi au-delà de toute espérance, même si cela a aussi contribué à brouiller son image. Bonjour tristesse fut en effet à l’origine du « mythe Sagan », la dépeignant mondaine et dissipée, alors que, malgré une jeunesse apparemment débridée, elle n’aimait rien tant que la solitude, qu’elle recherchait d’ailleurs.

Conformément aux valeurs de rapidité et de prolixité des Gémeaux, elle écrit son premier roman en à peine six semaines, tandis qu’elle est aussi l’auteur d’une production littéraire importante (une trentaine de romans ou recueils de nouvelles et neuf pièces de théâtre). Mais, encore une fois, cela ne l’a pas aidée à se faire reconnaître pour ce qu’elle était, d’autant plus que, grisée par son succès fulgurant, elle s’adonnera à une vie insouciante, donnant d’elle-même une image qui lui collera toujours à la peau : la gloire et le scandale, les voitures de sport décapotables, conduites pieds nus à grande vitesse, les fêtes, Saint-Tropez, le whisky et les nuits blanches, l’argent facile et les casinos, l’amour libre, Saint-Germain des Prés et tout ce beau monde…

Ces quelques traits sont déjà extrêmement significatifs par rapport à sa carte du ciel et nous allons de suite voir de quelle manière. Avant cela, une petite précision s’impose par rapport à la conjonction entre Mercure et le Soleil, un aspect très serré puisque les deux astres se situent à 30 minutes d’arc l’un de l’autre. Or, d’après la tradition astrologique, Mercure est alors dite brûlée ou combuste. Voyons ce que dit à ce propos Henri-J. Gouchon dans son Dictionnaire astrologique :

« Il s’agit d’une curieuse théorie traditionnelle qui veut que toute planète située à moins de 8°30 du Soleil soit « brûlée » ou « combuste » et, partant, affaiblie ou viciée dans ses effets (…) Ce sont là des données traditionnelles que la pratique ne semble guère vérifier. »

Pour sa part, Catherine Aubier, dans son Dictionnaire pratique d’astrologie, est plus laconique, mais certainement pas moins pertinente :

« Dans la pratique, cette notion (la combustion) n’est plus guère utilisée que pour désigner les conjonctions de Mercure et Vénus au Soleil ; l’intelligence ou l’affectivité, représentées par ces planètes, sont alors considérées comme soumises au Soleil, c’est-à-dire au Moi. Résultat : pour Mercure, subjectivité (…). »

Cette deuxième interprétation est assez couramment partagée par les astrologues contemporains et, en effet, il semble qu’elle soit la plus plausible à l’épreuve des faits. Naturellement, un seul cas ne permet pas d’étayer une hypothèse, mais il est évident que le thème de Françoise Sagan va dans ce sens.

Pour en revenir à sa carte du ciel dans sa globalité, les deux principales dominantes planétaires qui s’en dégagent mériteraient à elles seules un article tant elles résument le personnage. Nous avons en effet d’une part Neptune, conjoint à l’Ascendant et maître de la Lune, et, d’autre part, Saturne, conjoint au Descendant et lui-même gouverné par Neptune.

Saturne est certainement emblématique du besoin de s’isoler de Françoise Sagan, mais aussi de la manière dont elle a été connue et perçue par autrui via son premier romain, au titre on ne peut plus saturnien. Or, Saturne se trouve dans la Maison VII, de la relation à autrui, mais aussi de la manière dont les autres nous considèrent. Et, s’il est vrai qu’elle a côtoyé bon nombre de personnalités affirmées (à commencer par Jean-Paul Sartre et, dans un autre registre, François Mitterrand), elle ne se départira jamais de ce profond sentiment de solitude qui la taraudait depuis toujours.

Neptune, pour sa part, a certainement contribué à faire d’elle un mythe, mais il a aussi et surtout brouillé les pistes la concernant. Si cette planète a aidé à la notoriété du personnage, qui a largement dépassé les frontières puisque certains de ses livres ont été traduits en 15 langues, il n’en reste pas moins qu’elle fait penser à un besoin d’évasion quasiment constant, qui s’est traduit par son goût de la vitesse en tant que fuite en avant, pour les fêtes, pour l’alcool et d’autres produits altérant les états de conscience, sans oublier son incapacité à gérer la fortune que son succès aurait dû lui assurer à tout jamais. Mais on sait que Neptune est un facteur de confusion et même de perdition…

Conformément aux valeurs neptuniennes à l’Ascendant, et sans que cela soit nécessairement volontaire, Françoise Sagan a toujours donné d’elle-même une image faussée. Cela a commencé de façon flagrante au couvent des Oiseaux, d’où elle est renvoyée à l’âge de 12 ans pour « manque de spiritualité ». Un jugement lapidaire clairement lié à l’opposition de Saturne à Neptune (l’autorité qui lui nie toute valeur humaniste ou, justement, spirituelle) et qui, concrètement, était lié au fait d’avoir fait scandale en récitant du Prévert : « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y » … On retrouvera d’ailleurs une situation analogue à celle vécue à l’âge de 12 ans après la parution de son premier roman, qui sera mis à l’index par le Vatican.

Ensuite, c’est toujours l’opposition de Saturne à Neptune qui lui fera dire, après son succès fulgurant à 18 ans : « Je suis devenue une denrée, une chose : le phénomène Sagan, le mythe Sagan – et j’avais honte de moi-même. J’étais la prisonnière d’un personnage. Condamnée à vie aux mornes petites coucheries sans pittoresque de personnages imbibés d’alcool, balbutiant des locutions anglaises, lançant de grands aphorismes, et tout aussi privés d’encéphale qu’un poulet de laboratoire. » (Réponses)

Les lecteurs les plus attentifs remarqueront que dans les deux cas, l’âge concerné nous renvoie au cycle jupitérien : à 12 ans, la planète de l’expansion fait son retour sur sa position natale et, à 18 ans, elle se trouve en opposition à cette même position natale. L’importance de ce cycle n’est pas une surprise puisque Françoise Sagan avait la Lune en Poissons, donc gouvernée par la planète de l’expansion qui, elle-même se trouve en Maison 3 (l’expression orale et écrite) à la naissance.

Pour en revenir à l’opposition entre Saturne et Neptune, la trame de Bonjour tristesse est en un sens emblématique de cette configuration et, d’une certaine manière aussi, elle laisse entrevoir les dérives auxquelles Françoise Sagan s’est elle-même laissée aller, ne parvenant pas à assurer ses arrières et à se construire un avenir suffisamment solide, à l’abri des vicissitudes et des alésas de l’existence, sans oublier les problèmes liés à la drogue, typiques des dominantes neptuniennes.

Pour résumer brièvement l’ouvrage en question, il s’agit de l’histoire de Cécile, une adolescente de 17 ans, qui part en vacances sur la Côte d’azur avec son père Raymond et la dernière maîtresse en date de celui-ci, Elsa. La présence d’Anne, qui était l’amie de son épouse, va cependant changer la donne du jeu puisqu’elle va supplanter Elsa aux côtés de Raymond, qui prend l’histoire très au sérieux au point d’envisager le mariage, tandis qu’elle s’occupe de plus en plus près de Cécile, qui supporte mal cette ingérence. Craignant de perdre sa liberté, Cécile va alors manigancer un jeu pervers avec son petit ami, Cyril, qu’elle convainc de simuler une aventure avec Anne. Ne le supportant pas, Raymond se retrouve bientôt dans le bras de son ancienne maîtresse. Anne les surprend par hasard ; désespérée, elle s’enfuit en voiture et là, c’est l’accident fatal. Ensuite, et malgré la reprise d’une vie insouciante, Cécile ne se départit plus d’un sentiment nouveau qui refait régulièrement surface : la tristesse.

Outre le fait que son roman fait scandale dans ces années 50 qui ne sont pas encore celles de la pilule et de la libération des mœurs, l’histoire est emblématique des valeurs neptuniennes parce qu’elle révèle non seulement que certains actes peuvent avoir des conséquences insoupçonnées et beaucoup plus importantes qu’on ne l’imagine, mais aussi parce que, d’une certaine manière, elle traduit l’existence de Françoise Sagan, qui a fini par prendre un tournant inattendu, où elle n’a sans doute pas toujours été maître de son destin. Ce n’est pas tant le grave accident de voiture auquel elle s’exposa qui est en cause ici, mais plutôt le fait de vivre de façon insouciante, dilapidant sa fortune pour se retrouver, à la fin de sa vie, de plus en plus isolée et dans une situation non seulement financière mais aussi humaine inconfortable, obligée à devoir loger chez une amie qui avait racheté sa maison saisie par le fisc… Sans oublier ses démêlés avec la justice pour possession de drogue. Bonjour tristesse en effet.

Il est évidemment intéressant d’analyser cette carte du ciel du point de vue du rapport à l’argent : outre que Françoise Sagan a rapidement dilapidé sa fortune (elle était millionnaire à vingt ans et complètement ruinée à la fin de sa vie), on sait qu’elle était une joueuse invétérée.

Mis à part Mars qui occupe la Maison 2, ce qui est déjà un indice de rapports conflictuels avec l’argent, même si la planète est en bon aspect à Vénus, on remarque quelques autres configurations indiquant la tendance à la dilapidation : Saturne, maître de la Maison 5 (le jeu et le cash) s’oppose à Neptune (l’évanouissement), tandis que Vénus, maître de la Maison 2 (les avoirs) est en carré à Jupiter, un aspect typique d’excès et de ruine puisque Vénus occupe la Maison 12. Jupiter et Neptune étant les deux maîtres de la Maison 8, leurs aspects dissonants expliquent aussi les graves ennuis avec le fisc.

Outre sa passion pour le jeu et pour les voitures sportives, ce qui l’incita d’ailleurs avec ses premiers droits d’auteurs à s’offrir une Jaguar décapotable, le roadster dont rêvait toute la jeunesse dorée de l’époque, les personnes qui l’ont connue ont témoigné de sa grande générosité, même à l’époque où elle connaissait déjà de grandes difficultés financières. Cela s’explique aussi par le carré entre Vénus et Jupiter, qui n’empêche nullement la générosité et qui, au contraire, la rend plutôt débordante, ainsi que par la présence de Neptune à l’Ascendant, indice d’un grand détachement par rapport aux biens matériels. Et si elle s’est tant consacrée au jeu, c’est sans doute pour combattre le spleen que cette planète en lien à Saturne induisait chez elle.

Il est d’ailleurs intéressant de remarquer qu’elle découvre le jeu et les casinos le 21 juin 1956, jour de ses 21 ans. Or, la Révolution solaire de l’époque montre une conjonction étroite entre Pluton et Jupiter, respectivement à 26° et 27° du Lion, en carré à une conjonction tout aussi serrée entre Saturne et la Lune, à 27° et 28° du Scorpion : une configuration particulièrement explicite s’agissant de dépenser sans compter pour contrer l’ennui. On remarque d’ailleurs que toutes ces planètes sont en semi-carré à Mars natal en Maison 2…

Quelques dates importantes émaillent son parcours, dont celles de ses deux mariages et celle de la naissance de son fils, Denis. Mais c’est surtout son accident de voiture qui fera la une et qui restera gravé dans les mémoires. Le 14 avril 1957, au volant de son Aston Martin avec des amis, elle perd le contrôle de la voiture qui, à 160 km/h, s’écrase dans un champ de blé. Les passagers sont éjectés, indemnes, mais elle, pour sa part, se retrouve coincée dans l’amas de ferraille (il faudra plus d’une demi-heure aux pompiers pour la dégager) et, inconsciente, elle est transportée d’urgence à l’hôpital où, en raison de la gravité de son état, on appelle un prêtre pour lui administrer l’extrême-onction. Le diagnostic fait état d’une double fracture du crâne, d’un enfoncement thoracique, sans oublier le bassin brisé… Heureusement, elle est plus résistante qu’il n’y paraît et, deux mois à peine après l’accident, elle rentre chez elle convalescente.

Les configurations du jour se doivent forcément d’être significatives tant en termes de risques accidentels que s’agissant des possibilités de récupération. Voyons ce qu’il en est.

D’emblée, on remarque que Pluton, à 28° du Lion, est en sextile au Soleil, significateur de vie et maître de la Maison 12 (l’hospitalisation), et de Mercure, maître de l’Ascendant (le sujet et la constitution physique) et du Milieu du Ciel (la destinée) : un double aspect qui laisse présager de très bonnes facultés de récupération, voire une régénérescence : Pluton est la planète du franchissement du seuil, mais aussi de la possibilité de voir la lumière au bout du tunnel. C’est l’astre par excellence qui éprouve pour ouvrir à une nouvelle forme de vie et, en effet, ses amis diront qu’après cet événement « il y avait quelque chose de définitivement brisé en elle ». Elle va d’ailleurs progressivement s’éloigner des mondanités de Saint-Tropez pour se transplanter (un terme bien plutonien) en Normandie : changement de cap radical.

En même temps, Pluton est là aussi pour souligner la dangerosité de cette période puisqu’il forme aussi un semi-carré à Mars, qui représente la vitesse et les moteurs : un indice évident qu’elle allait frôler la mort, qui l’aurait d’ailleurs probablement emportée s’il n’y avait eu les bons aspects dont ci-dessus. Cela est d’autant plus vrai que Mars est maître de la Maison 8, la mort justement. On remarque aussi que Mars et Pluton sont les deux maîtres du Scorpion, intercepté en Maison 3, d’où la difficulté a littéralement tenir la route ou à négocier le tournant…

Neptune, à 1° du Scorpion, est en trigone à la Lune, ce qui semble logiquement se traduire par la période de coma qu’elle a traversé et dont elle a finalement émergé. Cet aspect est d’autant plus protecteur que, dans le thème natal, Neptune est conjoint à l’Ascendant. Formant aussi un quinconce au Milieu du Ciel, la planète des paradis artificiels met toutefois en garde contre le risque bien réel d’une déstabilisation de la destinée en raison des produits administrés, les dérivés de la morphine qui l’exposeront par la suite à une interminable accoutumance à l’héroïne puis à la cocaïne… On remarquera aussi que Neptune, un astre dont on a vu l’importance dans le thème natal, était alors au début de la Maison 3, des déplacements.

Uranus, à 3° du Lion, est en carré à sa position natale, mais il est aussi sextile au Milieu du Ciel. On retrouve ici une tension très forte, doublée de la possibilité d’émerger et de négocier un tournant radical.

Saturne, à 14° du Sagittaire, est en carré à Neptune, mais aussi en sextile à Mars et en trigone à Vénus : ces deux derniers aspects sont indéniablement très prometteurs en termes de récupération et il n’est pas étonnant que Françoise Sagan ait pu dire à propos de son coma : « J’étais très têtue. Je me suis réveillée. ». Il convient de toute façon de préciser que si l’aspect à Neptune n’est pas vraiment un aspect individuel, il prend dans ce cas cette connotation puisque Neptune n’est pas seulement maître de Saturne, mais la planète est aussi angulaire dans le thème.

Jupiter, à 24° de la Vierge, n’est pas très significatif puisqu’on remarque seulement son sextile à Pluton, que l’on peut tout de même, ici aussi, considérer comme un indice positif en termes de renaissance.

On pourrait par ailleurs s’étonner de remarquer que Mars ne forme aucun aspect significatif par rapport au thème natal alors qu’il s’agit de la planète des moteurs et des accidents par excellence. Sans doute cela peut-il se comprendre par le fait que son intervention, en termes d’aspects négatifs, aurait augmenté vertigineusement la dangerosité qui, par ailleurs, était suffisamment marquée par les planètes plus lentes.

De toute façon, les astres rapides sont au rendez-vous pour signaler la dangerosité des déplacements ce jour-là. En effet, le Soleil et Vénus, tous deux à 24° du Bélier, sont au carré partile de Pluton et au semi-carré de Saturne, tandis que Mercure (les déplacements), à 14° du Taureau, occupe une position très explicite dans ce contexte puisqu’il forme pas moins de quatre aspects négatifs : opposition à Jupiter en Maison 3, carré à Vénus en Maison 12 (l’hospitalisation) et semi-carré au Soleil et à Mercure. On remarquera qu’ici Vénus est concernée en tant que planète transitante et en tant que planète transitée ; or, il s’agit du maître de la maison 3…

Françoise Sagan s’est mariée à deux reprises, la première le 13 mars 1958 avec Guy Schoeller, éditeur chez Hachette et son aîné de vingt ans ; la deuxième le 10 janvier 1962, avec Robert Westhoff, un play-boy américain. Le premier mariage n’aura duré que deux ans tandis que le deuxième fut encore plus bref (à peine un peu plus d’un an), mais c’est avec son second mari qu’elle eut son seul et unique enfant, Denis, né le 27 juin 1962.

S’il est vrai que la cuspide de la Maison VII (les unions et le mariage) dans un signe Mutable (les Poissons) est souvent l’indice de plusieurs mariages, ce thème nous donne aussi l’occasion de nuancer un aphorisme nous venant de la tradition astrologique et prétendant que Saturne en Maison VII empêche le mariage ou qu’il est un indice de veuvage. Comme ce thème le démontre, ce n’est pas nécessairement le cas : en fait, cette position peut parfaitement indiquer un mariage tardif, un mariage ne permettant pas à la personne de s’épanouir, une union avec une personne présentant une dominante saturnienne ou, encore, une union avec une personne sensiblement plus âgée. Ici, c’est cette dernière possibilité s’est révélée exacte.

Evidemment, outre la présence d’un signe Mutable sur la cuspide de la Maison VII, le fait que Saturne soit opposé à son maître ne favorisait certainement pas la durée des unions… Par ailleurs, s’agissant du deuxième mariage, les indications sont tout aussi explicites, soulignant que celui-ci ne pouvait pas faire long feu puisqu’Uranus occupe la Maison 9 (la seconde union) et l’on sait que cette planète agit à la manière d’un couperet : aussi brusquement que rapidement.

Sans entrer dans les détails, on remarque que ces deux mariages se sont produits sous de mauvaises configurations plutoniennes puisque la dernière planète du système solaire était à 0° de la Vierge dans le premier cas, c’est-à-dire en opposition partile à la Lune natale, et à 9° de la Vierge dans le second, c’est-à-dire en conjonction à l’Ascendant et en opposition à Saturne…

François Sagan nous a quittés le 24 septembre 2004, emportée par une décompensation cardio-respiratoire.

  • Pluton, à 19° du Sagittaire, était alors en sesquicarré partile à Uranus natal.
  • Neptune, à 12° du Verseau, était déjà en orbe de carré à Jupiter, maître de la Maison IV (début et fin des choses) et d’opposition à Vénus en Maison 12 (les hospitalisations). On remarque aussi un trigone partile à Mars, qui donne à penser qu’elle est partie en douceur, sans souffrir, Mars étant maître de la Maison 8. Il est normal que cette planète soit aussi active puisqu’il s’agit d’une des dominantes du thème natal. On remarque d’ailleurs que son rôle ce jour-là était d’autant plus significatif que la Lune, traversant le signe du Verseau, intervenait à titre de déclencheur.
  • Uranus, à 3° des Poissons, venait de passer la conjonction à la Lune et approchait de celle au Descendant.
  • Saturne, l’autre dominante majeure de cette carte du ciel, se trouvait à 25° du Cancer, donc à la conjonction de Pluton et au sesquicarré de sa position natale : deux autres indices peu réconfortants.
  • Jupiter, à 29° de la Vierge, était étroitement conjoint dans le ciel à Mars à 28° de la Vierge et au Soleil à 1° de la Balance. Cet amas planétaire est très significatif puisqu’il ne forme que des aspects conflictuels : carré au Soleil (maître de la Maison 12 : les épreuves) et à Mercure (le maître de l’Ascendant, donc de la constitution physique), mais aussi semi-carré à Jupiter et à Vénus.

En bonne saturnienne qui se respecte, Françoise Sagan n’avait pas peur de la mort. Elle avait d’ailleurs rédigé elle-même son épitaphe : « Ci-gît… Et ne se console pas… Françoise Sagan. » Bonjour Saturne, bonjour Neptune… ♦

Tous droits réservés Michaël MANDL

Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation de l’auteur

(Article paru dans Astres n°686, juin 2005)

Lexique :

Angulaire : conjoint à l’un des quatre anges du thème (Ascendant, Milieu du Ciel, Descendant ou Fond du Ciel).

Cuspide : point du zodiaque où commence une Maison quelconque.

Intercepté : se dit d’un signe qui n’est traversé par aucune cuspide de Maisons. L’interception concerne toujours un axe, c’est-à-dire deux signes qui sont l’un en face de l’autre.

Partile : se dit d’un aspect se produisant sur le même degré en longitude. Par exemple le sextile entre une planète à 21°03 Balance et une autre à 21°37 Sagittaire est partile, comme le carré entre une planète à 9°42 Taureau et une deuxième à 9°22 Verseau.

Rétrogradation : mouvement apparent d’une planète qui, vue de la terre, revient sur ses pas à certaines périodes de l’année.

Radical ou Radix : se dit de ce qui se rapporte au thème natal.

Révolution solaire : cette technique prévisionnelle correspond à la carte du ciel établie pour le moment où le Soleil revient exactement sur sa position natale.

Références bibliographiques :

AUBIER Catherine, Dictionnaire pratique d’astrologie, M.A. Editions, 1989.

GOUCHON Henri-J., Dictionnaire astrologique, Dervy, 1992.


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