In Memoriam - Jany Bessière

mercredi 7 septembre 2011
par  administrateur
popularité : 9%

UNE ASTROLOGUE AU FIRMAMENT

« Cette beauté divine est évidente, fugitive, intangible et vagabonde dans un monde de valeurs matérielles ; pourtant, elle est indubitablement individuelle et se suffit à elle-même ; si elle est rapidement éclipsée, peut-être, elle ne s’éteint jamais entièrement : car elle ne fait que séjourner dans le temps et appartient à l’éternité. »

George Santayana

Pour ne parler que de l’histoire relativement récente, le monde astrologique francophone doit beaucoup à certaines figures qui ont gardé la flamme de cet art qui est une science au sens le plus élevé du terme. En Belgique, Jany Bessière-Mandl fut la plus noble et la plus émérite héritière d’une tradition qui s’illustra en particulier avec Georges Antarès et Louis Horicks. Avec Jany, c’est non seulement tout un pan d’histoire qui se referme, mais aussi une étoile qui s’éteint. Du moins ici-bas…

Jany Bessière-Mandl était une digne représentante de son signe, le Scorpion : énigmatique et magnétique à souhait, elle ne laissait personne indifférent. Rares sont celles et ceux qui, l’ayant connue ou à peine entrevue, ne sont pas restés interloqués devant sa culture, sa mémoire – Lune du Capricorne oblige ! – et surtout sa grande disponibilité envers autrui, que lui conférait, entre autres, son Ascendant Balance. Sans parler de sa beauté, extérieure comme intérieure… Le moins que l’on puisse dire est que sa présence et ses discours étaient passionnants, comme seuls ceux d’un Scorpion peuvent l’être.

Sans trahir la mémoire de confrères disparus ou absents, il ne fait aucun doute que sans Jany, l’astrologie belge – forte d’un passé glorieux – serait à terme devenue insignifiante. Quasiment à elle seule, elle fut à l’origine de la Fédération Astrologique Belge, réunissant une équipe dynamique, qui sut raviver le flambeau que Georges Antarès lui avait demandé de garder toujours allumé.

L’admiration que Jany vouait justement à Georges Antarès – auteur du Manuel pratique d’astrologie, un véritable best-seller – et à Louis Horicks, auteur d’un Traité pratique d’astrologie mondiale en collaboration avec Henriette Michaux (un traité qui constitue encore aujourd’hui – plus de soixante ans après sa parution – une véritable référence en la matière), n’avait d’égal que son dévouement à l’art d’Uranie.

Outre une femme d’un dynamisme et d’un courage exemplaires, qui avait fait sien le dicton des chasseurs ardennais « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais », ce qui l’avait amenée à participer et à créer de nombreux groupes de travail et de recherche, dont « La Vigie » et « Astrosophia », Jany était une conférencière hors pair, parvenant à captiver son auditoire avec des mots aussi simples que percutants. Et si elle était sans doute un peu moins prolixe en matière d’écriture, n’ayant laissé derrière elle que deux ouvrages(1), elle n’en est pas moins l’auteur de nombreux articles de haute volée, sans oublier son ouverture d’esprit qui l’incita à créer « Infosophia », une revue qu’elle voua à la Fédération Astrologique Belge, faisant appel à ses nombreuses connaissances et amitiés pour produire une publication des plus intéressantes et des plus diversifiées parmi ce qui se fait en la matière.

Collaboratrice de « Astres » depuis de nombreuses années, elle y assurait une présence peut-être discrète mais pas moins importante car sa finesse d’analyse n’avait d’égal que la profondeur de son jugement. Il était littéralement impossible de la prendre en défaut sur le plan interprétatif et il suffisait de lui citer une année quelconque pour qu’elle situe les principaux transits planétaires en cours, aussi loin que l’on remonte. En ce sens, elle faisait véritablement le pont entre l’ancienne génération qui – faute d’ordinateurs à disposition – travaillait surtout de mémoire et la nouvelle, poussée à aller au-delà des apparences et à utiliser l’outil informatique non pour se dispenser d’un quelconque travail, mais plutôt pour dégager de l’espace à la réflexion.

Malgré la mauvaise – et souvent indue – réputation associée au Scorpion, Jany ne cherchait jamais les complications, s’évertuant plutôt à servir la cause astrologique dont elle était absolument et profondément investie. Je suis bien placé pour dire que, au cours des dernières années de sa vie, Jany avait développé un esprit et une sensibilité de plus en plus ouverts et universalistes : en chaque être qu’elle côtoyait, elle percevait le bon côté et elle ne se privait pas de le mettre en évidence. Car les mots sont importants, surtout quand ils touchent le fond, et Jany en était arrivée au point que chaque parole adressée à autrui était une parole juste et sensée. Celles et ceux qui l’ont côtoyée ces dernières années le savent.

Jany avait vu le jour le 20 novembre 1944 à 4h03, à Liège (Belgique). Après une semaine de coma, et pendant que je lui tenais la main tout en l’embrassant, elle est partie rejoindre les étoiles qu’elle aimait tant le 6 janvier 2005 à 20h55, à Woluwé-Saint-Lambert (Belgique).Son départ fut entouré de nombreux signes : le 6 janvier est le jour de la fête des Rois, autrement dit des Rois mages qui – comme tout le monde devrait le savoir – étaient des astrologues. Elle ne pouvait donc pas choisir meilleur jour… Sa chambre d’hôpital avait le numéro 377, ce qui produit le chiffre 17, c’est-à-dire la lame de l’étoile dans le tarot, un art dans lequel elle excellait, peut-être encore plus qu’en astrologie, ce qui n’est pas peu dire. Or, la lame de l’étoile est aussi la lame de l’astrologie.

Enfin, et sans entrer dans des détails un peu trop compliqués, peu de temps avant son ultime départ, pendant la semaine où sa vie terrestre était suspendue à un fil, Louis Horicks m’a envoyé un signe très fort par l’entremise de son arrière-petite-fille qui, sans le savoir, a manifestement servi de médium, au sens du messager. Qu’elle en soit ici remerciée. Quant à Louis Horicks, que je n’ai malheureusement pas eu le plaisir de connaître (tout comme Georges Antarès) et dont la photo était accolée à la mienne dans le bureau de Jany, j’ai désormais une reconnaissance inestimable à son égard puisqu’il m’a clairement signifié l’attendre de l’autre côté, là où ma condition humaine ne me permettait pas d’aller. J’ai parcouru le chemin jusqu’au seuil, le dernier, et il m’a relayé.
Avant d’être une astrologue d’exception, Jany était ma femme, mon épouse, mon cœur, mon âme. Qu’elle soit ici publiquement remerciée de m’avoir accompagné et de m’avoir donné tant d’amour. Le vide qu’elle laisse derrière elle est à la mesure de ce que son existence a rempli : incommensurable. C’est ce plein, cet amour que je garde en mémoire. ♦

Tous droits réservés Michaël MANDL

Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation de l’auteur

(Article paru dans Astres n°683, mars 2005 & InfoSophia n°50, 1/2005)

Note :

1. L’Europe & les Astres – De 1950 à 2005, édité à compte d’auteur, 1996.

Les Eclipses, les Lunaisons et Vous, Editions du Rocher, 1996.


Commentaires

Logo de administrateur
lundi 15 mai 2017 à 20h36 - par  administrateur

Georges Antarès (alias Marcel MOSTADE) a en effet beaucoup écrit. J’ai le plaisir d’avoir hérité d’une partie de ses archives, mais pas celui de l’avoir connu, ce qui fut le cas de Jany Bessière qui avait un immense respect pour l’homme. C’était en effet un grand spiritualiste et un chercheur, exigeant comme il se doit : le succès de ses ouvrages a sans doute occulté la profondeur de sa pensée.

Logo de Guillaume d’Ockham
dimanche 14 mai 2017 à 22h06 - par  Guillaume d’Ockham

Depuis quelques temps, je tombe souvent sur le nombre 17 (Exemple : 17h17, ticket de supermarché, etc) j’ai associé la présence du nombre à Marcel Modaste ( Georges Antarès).

Je l’ai choisi comme maître astrologue spirituel. J’aurai aimé qu’il écrive des livres sur la profession, la bourse, les jeux du hasard.Son livre sur l’astrologie, amour et sexualité est un très bon livre éducative. L’astrologie et vous, il est génial , mais j’aurai préféré qui dévoile plus de secret et anecdote.

Le manuel pratique d’astrologie , j’aime bien et l’art de l’interprétation en astrologie aussi.Le transits planétaires et destinée donne de bonne réponse.Le sentier du zodiaque par le symbolisme des signes est orienté spiritualité. J’adore ce monsieur et j’ai beaucoup de respect. Par contre , j’ai fait des recherches sur sa vie sur internet, mais on trouve rien. Dommage !

Il a écrit pour La vigile et astro-sophia. Je sais plus où j’avais lu qui avait choisi comme chemin spirituel celui d’ Alice Bailey. Était-il Rose-Croix ?
Merci de m’apporter de l’eau à mon moulin .
Bonne fin de soirée.

Agenda

<<

2018

 

<<

Décembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois